Garder les plaies vives car c'est l'essence même d'une réaction
Instinctive et sincère, comme chacune de ces lettres
Quand est ce qu'on arrêtera de se laisser faire
Tous complices de l'enfer qu'ils construisent
Suivre son instinct, ce que tes trippes te dictent
L'erreur est humaine mais elle est male perçue
De toute façon on dévalue l'humain pour un brin de plus value
Voilà pourquoi les machines remplaceront les caissières dans les super U
Comme dans les usines et bientôt dans les postes et les bus
Ca fait peut etre partit de leur lutte contre le chomage
Dans leur politique j'vois des énarques qui brassent et le reste qui encaisse les dommages
3è millénaire, 6 milliards d'êtres humains peuplent la Terre
Les deux tiers dans la misère l'acceptent, j'vois pas une once d'esprit révolutionnaire
La peur domine les crânes pourtant la répression n'est plus physique, elle est financière
Amendes et les perquises ont remplacées chaines et fouets d'hier
Dès le moindre écart à leurs stupides règles
A la moindre innatention, plus d'avertissement, que des sanctions :
Si seulement les sanctions étaient proportionelles aux revenus
Si seulement la justice avait survécu
Avec un triste sourire car mon seul choix est de me taire
Je leur déverse un disième de mon piètre salaire
Ce qui n'équivaut à peine à un centième du leur
Comprends ma rage et ma rancoeur,
Comprends leur manège que je connais par coeur
100 euros d'amende, une tappe sur la fesse pour un ministre
Une sévère trempe dans la gueule pour un RMiste
Bien loin le temps des pendaisons sur la place publique
Maintenant on humilie avec des mandats du fisc
Un écart de conduite et la sanction est stricte
Des injustices qui chaque jour durcissent
Désormais plus de pitié, on enfermera les récidivistes
MERDE!! Quand est ce que la révolution éclate?!
Ca me démange, quand est ce qu'on réduit les écarts?
Prolétaire, fonctionnaires, marginaux, exclus, chomeurs et tricard
On a le nombre, qu'est ce qu'on attend pour foutre un putain de vacarme
Quand est ce qu'on réagit comme une frappe venue des trippes qui se loge en pleine lucarne?
Laissons leur leurs tours, faisons chutter leur économie
Prouvons leur qu'on à vu juste et qu'on à pas que des choses à dire
On a droit au béton, au métro et à la grisaille des villes
Eux c'est l'espace, les jets et la beauté des iles
Tout s'achète, j't'assure même le bonheur
Si tu ne me crois pas part en croisière au tier monde ou en asie mineure
De quoi je me plaint? moi qui vit bien?
Moi qu'on maintient loin de mes envies, à qui on impose un destin de zombie?
Comment t'expliquer ce que chaque jour je ne parvient pas à dire...
Mon instinct, mon intuition me pousse à crier qu'il y a autre chose à vivre...
"Les hommes et les femmes qui dirigent ce pays savent tout cela. Ils savent aussi que la
libéralisation massive de la vie économique française est en très bonne voie. Ils savent que les
privatisations, les fusions, les délocalisations de nombreux secteurs d'activité vont se généraliser
comme va se généraliser la paupérisation. Ils savent que la nouvelle configuration du marché
exige la normalisation du salariat précaire et l'existence d'une forte réserve de chômeurs et de
sans-papiers.
Et ils savent surtout que les banlieues populaires (parce qu'elles subissent de plein fouet et avec
le plus d'acuité les mutations de la société française) sont des zones où la contestation sociale est
susceptible de prendre de radicales formes de lutte si elle trouve un vecteur qui l'organise. On
comprendra qu'il est de nécessité impérieuse d'installer toujours plus d'instruments de contrôle et
de répression "éclair" au sein de nos quartiers. On comprendra que le monde du pouvoir et du
profit sans borne a tout intérêt à nous criminaliser en disposant de notre mémoire et de nos vies
comme d'un crachoir."



