Le Sarkozysme est un Affairisme
Je les vois, dans ma banque de La Défense, je les vois passer et je les entend parler, les sarkozystes. Et plus je les entend, plus je me rends compte que nous n'avons pas appliqué les bonnes catégories d'analyse au phénomène.
On croyait qu'ils communiquaient : ils tendaient un rideau de fumée.
On croyait qu'ils bâtissaient un gouvernement ? Ils recrutaient une équipe de foot pour faire des images, allant jusqu'à acheter les joueurs les plus spectaculaires de l'équipe adverse pour faire encore et encore de l'image.
On croyait qu'ils faisaient de la politique ? Ils font des affaires. Car c'est bien d'affaires qu'il s'agit, depuis le cadeau fiscal de 15 milliards en passant par la destruction des 35 heures, la publicité supplémentaire pour Monsieur Bouygues, dit "le parrain du petit Louis", le lancement somptuaire du disque de Carle, les (prochaines) mesures pour renflouer le groupe Lagardère, le (prochain) meccano avec Areva pour contenter Bouygues (encore lui), les défiscalisations dans tous les sens...
Servilité à tous les étages, esprit de cour comme jamais, bannissements à New York pour cause de proximité avec cécilia, comme dans la pire tradition des monarchies bouffonnes.
Qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est pas un affairisme amateur, c'est un affairisme avisé ; Ce n'est pas vécu comme cynique, c'est juste une question de point de vue. Quand on gouverne entre amis de Neuilly, partenaires de tennis ou de golf, on finit par voire midi à sa porte. Et cette porte, aujourd'hui, c'est la puissance et la rentabilité des groupes financiers. Alors on va la doper, cette puissance... En toute bonne conscience, entre gens qui savent.
On mettra de l'ordre, car l'ordre c'est bon pour les affaires. On mettre un peu de pain et beaucoup de jeux, car les jeux ça calme le jeu et c'est bon pour les affaires. On se partagera le monde au bar du Fouquet's. On s'en mettra plein les poches. On fera de grandes fêtes, on bouleversera la France, et puis on retournera faire des affaires.
Car c'est cela le Sarkozysme. Il n'y a pas de vision, il n'y a pas d'idéologie, il n'y a pas d'histoire et très peu d'avenir. Côte de popularité et cours de bourse sont ses seuls horizons.
Je n'exagère pas : je vis avec eux depuis 5 ans. Je les connais, je les écoute, je les devine.
C'est pour cela qu'il est si difficile de les combattre. C'est pour cela qu'il faut absolument les combattre